Guide smart & insolite :
24 heures magiques à Chicago !

Du matin au soir, vivez 24 heures trépidantes et insolites dans la ville des vents, capitale du blues, des speakeasys et de la streetfood healthy, qui regorge d’adresses smart pour voyageurs en quête de design, d’insolite et d’authenticité. Car Chicago, c’est la nouvelle New York, moins touristique, plus humaine mais tout aussi électrique. Embarquement immédiat !

Guide de voyage : 24 heures à Chicago

Avant 9h
Nuit cheap and hype

Pas facile de dénicher un hôtel design, bien centré à petit prix. Au Freehand, il y en a pour tous les prix, du dortoir à la suite Penthouse en passant par la Queen ou la King, dès $35.

Hôtel Freehand, Chicago, dès 35$
Hôtel Freehand, Chicago, dès 35$
Hôtel Freehand, Chicago, dès 35$

Ultra tendance, il se niche dans un superbe bâtiment art-déco de 1926 plongé dans une déco bigarrée d’inspiration mexicaine. Bar, restaurant et activités permanentes, du sup yoga au paddle boarding en passant par des cours de cuisine. Idéal pour les voyageurs solos avides de rencontres. (19 East Ohio St.)

Mais aussi : Hostelling International Chicago, c’est l’auberge de jeunesse la moins chère et la plus grande de Chicago, avec ses 500 lits, dès $30. Au coeur du Loop, elle propose gratuitement le Wi-Fi, le petit-déj, les draps et serviettes, des visites guidées ainsi que des réductions (musées, attractions). Salon commun, salle tv, laverie, restaurant. Chambres individuelles disponibles. (24 East Congress Pkwy)

9h à 10h
P’tit-déj US typique

Surmonté de son néon géant, voici l’un des plus vieux diners de la ville. Chez Lou Mitchell’s, on déguste depuis 1923 le meilleur petit déj’ de Chicago. Les pieds sur la Route 66, rien ne semble avoir changé. On se cale dans ses banquettes cosy pour savourer des omelettes généreuses, pancakes, waffles, bagels, donuts ou muffins typiques, à prix mini. Le pain est maison et les ingrédients souvent bios. Le tout twisté par quelques saveurs grecques, à l’entrée de l’animée Greektown. 565 W. Jackson Blvd, 5h30 à 15h ou 16h en semaine, dès 7h le week-end, fermé le soir.

Chicago, Restaurant Lou Mitchell's
Chicago, Restaurant Lou Mitchell's

Prix moyens

Repas au restaurant : 13€
Menu McDo : 6€
Bière locale : 4.30€
Coca : 1.65€
Transport local (aller simple) : 2€

Hôtel : 100€
Vol de Paris : dès 420€

10h à 11h
Shopping vintage et solidaire

Les boutiques Brown Elephant Shops de Chicago sont gérées par le Health Center qui dispense une aide médicale gratuite aux personnes non assurées. Les bénéfices sont reversés aux associations d’aide qui prennent en charge, chaque année, 16’000 personnes. On y trouve, dans une halle gigantesque, vêtements, chaussures, accessoires, mais aussi des livres, de l’électronique, des meubles. Deux boutiques au nord de la ville, à Lakeview (3020 N. Lincoln Ave, tous les jours 10h à 18h) et Andersonville (5404 N. Clark St., tous les jours 11h à 18h).

Mais aussi : Le Myopic Bookstore, librairie de livres d’occasion et ses 70’000 ouvrages pointus traitant d’art, d’architecture, de science, de philosophie, de poésie, … Gratuits : des concerts le lundi soir à 19h30 et des lectures certains samedis dès 19h. (1564 N. Milwaukee Ave., tous les jours 9h à 23h)

11h à 12h15
Bouffée d’art frais

The Bean, Chicago
Chicago, The Picasso
Chicago, Monument with Standing Beast
Chicago Crown Fountain

À Chicago, l’art s’expose en plein air à chaque coin de rue. Parmi les master pieces :

The Bean (1), d’Anish Kapoor, une sorte de haricot géant dont les 168 plaques d’acier inoxydable offrent des reflets inédits (Millenium Park)

The Picasso (2) de Pablo Picasso, donc, l’une des premières oeuvres d’art public installées à Chicago, en 1967 (Daley Plaza).

Monument with Standing Beast (3) de Jean DuBuffet, sculpture monumentale de fibre de verre rendant hommage au street art. (100 W Randolph St.)

The Crown Fountain (4) de Jaume Plensa, soit deux tours de briques de verre, pieds dans un bassin d’eau, sur lesquelles sont projetés les visages des habitants de la ville (Millenium Park)

Mais aussi : La Shit Fountain : oui, “shit”, comme “merde”, soit un gros caca en bronze posé sur un piédestal, hommage de l’artiste Jerzy S. Kenar à ceux qui ne ramassent pas les déjections de leur chien… (1001 North Wolcott Ave.)

3 souvenirs
à ramener das ses valises

Un t-shirt des Chicago Cubs
L’équipe star de baseball de la ville, les North Siders vainqueurs des World Series 2016, auxquels les Chicagoans vouent un culte. Cubs Store, 3637 N Clark.

De l’artisanat local
Chez Wolfbait, on trouve tout ce qui se fait artisanalement à Chicago ; vêtements, bijoux, cosmétiques, … C’est orignal, c’est slow, c’est windy, c’est hype ! (3131 W. Logan Blvd)

Des bières Goose Island
La bière “made in Chicago” la plus populaire, brassée depuis les années 1980 et désormais distribuée dans tout le pays. Pour des bières plus confidentielles, visez la Two Brothers, fairtrade, ou la Revolution et son étiquette subversive inspirée du drapeau communiste !

12h15 à 13h15
Lunch gratte-ciels

Chicago, c’est la ville des gratte-ciels. Locomotive économique du pays au début du vingtième siècle, elle devint le terrain de jeu des architectes les plus innovants de la planète, qui la hérissèrent de quelques-uns des buildings les plus audacieux et les plus élevés du monde. Du lundi au samedi, la Chicago Architecture Foundation organise des “Lunchtimes Tours” à la découverte des gratte-ciels les plus spectaculaires de Chicago ; la Willis Tower (ancienne Sears) – photo ci-dessous -, 442 m, qui resta, 25 ans durant, le plus haut building de la planète; le John Hancock Building (ne manquez pas son observatoire au dernier étage) ; le Chicago Board of Trade, … À toute heure, les tours audio et auto guidés sont également disponibles en français (15$ / personne, prévoir 90 minutes) alors que le siège de la Fondation propose des expositions pointues (tous les jours 9h à 21h, 224 S. Michigan Ave., entrée libre).

Chicago, la Willis Tower

13h15 à 14h
Chicago dog time !

C’est la spécialité de Chicago. Un hot dog qui se proclame le plus sain du monde, pied-de-nez à son célèbre homologue new-yorkais. Le chicagoan enferme une saucisse de vienne 100% boeuf et un tas de légumes, tomates, pickles, oignons, poivrons, dans un pain parsemé de graines de pavot. Last but not least : ni ketchup, ni mayonnaise mais de la yellow mustard (une moutarde au miel), de la sweet relish (purée de concombres au vinaigre) et une pincée de celery salt.

Le Chicago hot dog
Chicago, le restaurant Portillo's Hot Dogs

Portillo’s Hot Dogs (ci-dessus) : à quelques enjambées du Magnificent Mile, on y déguste les chicago dogs typiques dans un décor de films de gangsters des années 1930. (100 W. Ontario)

Superdawg Drive-In : à l’ouest de la ville, ce drive-in est une icône de la Route 66. Ses saucisses géantes vintage chapeautent la Milwaukee Avenue depuis 1940. (6363 N. Milwaukee Avenue)

14h à 16h
Sur les traces d’Al Capone

Chicago reste célèbre pour ses gangsters de la Chicago Outfit, la famille du crime dirigée par Al Capone. Le Chicago Gangster Tour nous emmène dans les coulisses de la Prohibition, de John Dillinger aux “Incorruptibles” agents fédéraux qui traquèrent les contrebandiers. En bus et à pied, on découvre différents lieux de crimes, dont le site du massacre de la St Valentin qui vit s’affronter les clans d’Al Capone et de Bugs Moran et la Courthouse où furent jugés les plus grands criminels de la ville. Tous les jours (163 E. Pearson, 39.95$, env. 2h).

Must see
Les 4 spots incontournables

Le Skydeck de la Sears (Willis) Tower : des cages entièrement vitrées (même le sol !) qui s’extraient du plus haut building de la ville, à 412m du sol.

L’Art Institute of Chicago et sa collection d’art impressionniste et post-impressionniste parmi les plus prestigieuses du monde. L’occasion de voir, “en vrai”, l’American Gothic de Grant Wood ou le Mao pop par Andy Warhol.

Les plages : Non, Chicago ne touche pas l’Océan mais les plages de sable qui bordent le lac Michigan valent le détour. On en compte 33, tellement que la ville se voit surnommée “Third Coast” (la troisième côte) des USA.

Shopping au Magnificent Mile : cette portion de Michigan est le temple du shopping. La Water Tower Place est le plus grand mall de la ville et l’un des plus vastes du pays (835 N. Michigan Ave, 10h à 21h).

16h à 17h
Goûter pop

Pour trouver cette échoppe, suivez la file de clients qui patiente. Chez Garett, on apprête depuis 1947 le popcorn à toutes les sauces, et il doit contenir de la drogue tant celui-ci rend addict ! Une fabrication artisanale à l’ancienne qui n’a pas changé depuis l’ouverture, des ingrédients de qualité cultivés par des producteurs locaux, une fraîcheur quotidienne et des recettes originales et très gourmandes, sucrées (caramel, chocolat, amandes, noix de cajou, macadamia, noix de pécan) ou salées (mmmh les cheesecorn au chedar !)

Mais aussi : en été uniquement, on fond pour les glaces arc-en-ciel du bien-nommé Rainbow Cone, une icône depuis 1926. Soit une glace qui superpose une couche glacée de chocolat, de fraise, de “Palmer House” (vanille, cerises, noisettes), pistache et sorbet orange, dans un joli dégradé multicolore (dès $2.99, 233 S. Western Ave.).

Agenda
Les 3 manifestations incontournables

Mi-juin, Chicago Blues Festival
La “Blues Capital of the World” ne galvaude pas sa réputation. Voici le plus grand festival de blues gratuit de la planète qui, 3 jours durant, présente le meilleur du blues sur 5 scènes plantées au coeur du Millenium Park. S’y sont succédé Ray Charles, B.B. King, Buddy Guy, Bonnie Raitt, … Un demi-million de fans s’y pressent chaque année.

Mi-juillet, Taste of Chicago
5 jours durant, le meilleur de la scène fooding de Chicago se regroupe dans le Grant Park pour le plus important festival gastronomique de la planète. On ne sait plus où donner de la papille entre les centaines de stands et food trucks qui rivalisent d’imagination et de produits sains, le tout baigné par une multitude de concerts gratuits.

Début août, Lollapalooza
Le mythique festival de rock underground, qui s’est exporté depuis à Paris, Santiago, São Paulo, Buenos Aires, secoue depuis 2005 le Grant Park, au son des artistes les plus bankables du moment. 8 scènes, plus de 170 groupes 4 jours durant.

17h à 18h
French Market

Pour prendre le pouls d’une région, le marché est toujours une bonne idée. Le French Market, couvert, regroupe 30 artisans locaux parmi les plus renommés de la ville. On y trouve des produits frais (boulangerie, fromages, épiceries fines, poissons, produits de fermes locales), des douceurs (chocolats, pâtisseries, glaces), des sandwicheries, des cafés et des restaurants (avec options take-away), de l’artisanat, des idées cadeaux, … (131 Nort Clinton, lun-ven 7h à 19h30, sam 8h30-17h30 dim fermé).

Mais aussi : Non, vous ne rêvez pas. Vous voilà plongé dans le Parc d’Oz peuplé de statues des personnages de la célèbre comédie musicale de 1939, hommage à son auteur L. Franck Baum qui vécut ici autour de 1890. Onirique.

18h à 19h30
Apéro local et artisanal

Au Hopleaf Bar, c’est le temple de la bière artisanale. On y sirote une quinzaine de Belges d’exception mais aussi, mais surtout, les locales qui tirent carrément leur épingle du jeu. Une quinzaine de micro-distilleries de Chicago figurent au draft menu, à côté de bières artisanales de tous les États-Unis. Une occasion rare de siroter une mousse de l’Oregon, du Delaware ou du Missouri ! Intéressante sélection de vins californiens. (5148 N. Clark St., dim-ven 12h à 2h, sam 12h à 3h)

19h30 à 21h
Pizza party

L’Italie a inventé la pizza, Chicago la deep dish pizza. Une version très gourmande de l’originale qui joue la surenchère des ingrédients. Apprêtée dans un moule à manqué, la garniture est tellement généreuse qu’une première cuisson à blanc est nécessaire. Jugez plutôt : mozzarella, parmesan, italian sausage, pepperoni, oignon, poivrons, tomates et champignons, autant que le moule peut en contenir !

Chicago, Pizzeria Uno

Pizzeria Uno (ci-dessus) : celle qui inventa la Deep Dish en 1943, dans un décor de trattoria vintage. Pas de réservation, prévoyez de l’attente. (29 East Ohio St., dim 11h à 23h, lun-ven 11h à 1h, sam 11h à 2h)

Italian Fiesta : c’est la pizza “Chicago-style” préférée d’Obama, ancien citoyen de Chicago. Un établissement sans chichi aux mains de la même famille depuis 60 ans. (71st St., dim-jeu 11h à 1h, ven-sam 11h à 2h)

21h à 23h
“Speak easy !”

Pendant la Prohibition, les gangsters de Chicago rivalisent d’inventivité pour continuer à servir clandestinement de l’alcool. Entre 1920 et 1933, les speakeasy fleurissent, cachés derrière une armoire, une porte dérobée ou une cave. Dans ces bars au mauvais alcool frelaté, le patron demandait aux clients de parler doucement (Speak easy). Nombre d’entre eux subsistent, certains carrément surfaits exigeant un droit d’entrée pouvant atteindre plusieurs centaines de dollars. Très peu pour nous. Parmi nos préférés :

The Drifter : Un véritable Speakeasy qui connut la clandestinité de la Prohibition et qui accueille tous ceux qui trouvent son entrée (du bar “The Green Door”, descendez et poussez la porte en bois qui jouxte les toilettes). Faille spatio-temporelle, nous voilà projetés au début du siècle, dans un bar de briques rouges à la déco surannée, vieux signs criblés de balles, tableaux défraîchis. Ne manquez pas les cocktails signatures. Animations ponctuelles : shows burlesques, jongleurs, danseuses du ventre… (676 N Orleans St., mer-sam 17h à 2h)

The Violet Hour (ci-dessus) : Pour le trouver, cherchez le mur en briques graffé, dont les motifs changent régulièrement, puis l’ampoule qui désigne l’entrée. Après avoir poireauté dans la file d’attente, vous entrez dans un cocon boisé divisé en trois salons chics piqués de chaises de cuir bleu et de tables éclairées à la bougie. Surmontant le bar en marbre, moulures et lustres en cristal. (1520 N. Damen, sam-ven 18h à 2h, sam 18h à 3h)

23h à 2h
Blues de légende(s)

Fondé par la légende du Chicago Blues Buddy Guy en 1989, le Buddy Guy Legends est considéré par les puristes comme le meilleur club de blues du pays. Ne s’y produit que la cream of the cream ; les Rolling Stones, David Bowie, ZZ Top, Van Morrison, … En marge des têtes d’affiche, on découvre les talents émergents lors de soirées thématiques. À la carte, une inspirante cuisine cajun, la “soul food” de la Louisiane. (700 S. Wabash, lun-mar 17h à 2h, mer-ven 11h à 2h, sam 12h à 3h, dim 12h à 2h)

Après 2h
Dans les draps d’Oscar Wilde

La Palmer House (ci-dessous) est une légende. Construite en 1871, elle demeura longtemps le plus imposant hôtel du monde, aimantant les plus grands auteurs du dix-neuvième siècle, de Mark Twain à Oscar Wilde. Son lobby vaut à lui seul le détour, nimbé de détails historiques sous sa voûte richement ornementée. Au coeur de Downtown Chicago. Piscine couverte, bars, restaurant, spa, fitness. (17 East Monroe St.)

Chicago, Palmer House
Chicago, Palmer House

Mais aussi : L’Acme, un tout nouveau boutique hôtel très hype, à quelques blocs du Magnificent Mile, premier hôtel à proposer gratuitement des Google Glass à ses hôtes ! Dès $129 (15 Ohio St.)

N’oubliez pas l’ESTA !

La demande d’autorisation ESTA, ou “Electronic System for Travel Authorization”, remplace la demande de visa et autorise vacances ou voyage d’affaires aux États-Unis pour une durée maximale de 90 jours, autant de fois que souhaité pendant deux ans.

Plus simple, plus rapide et moins cher qu’un visa, le formulaire ESTA s’adresse uniquement aux citoyens de 38 pays (dont la France, la Belgique, la Suisse, le Luxembourg, …) qui doivent répondre à certaines conditions pour l’obtenir : posséder un passeport biométrique ou électronique, être détenteur d’un billet de retour (ou vers un autre pays), ne pas être une menace pour le gouvernement, etc.

Attention : l’autorisation ESTA est également obligatoire pour simplement transiter par les États-Unis.

Lectures de voyage

Chicago-Ballade de Hans-Magnus Enzensberger

Chicago-Ballade
De Hans-Magnus Enzensberger

Une bal(l)ade dans le Chicago des années 1920 sur les pas du crime organisé et de son empereur, Al Capone, au lendemain de la promulgation de la loi Volstead instaurant le prohibition. Un portrait sombre d’une ville marquée au fer rouge par la contrebande, les gangsters et le crime.

Une parisienne à Chicago de Marie Grandin

Une parisienne à Chicago
De Marie Grandin

Un texte paru en 1894 qui dépeint la société américaine du 19ème siècle à travers le regard d’une Française fraîchement débarquée. Un pays tout neuf où la liberté est exacerbée, les hommes attentionnés et les femmes en quête d’émancipation. Un roman d’apprentissage avec, pour toile de fond, un Chicago en pleine mutation.

Le goût de Chicago

Le goût de Chicago
Textes choisis et présentés par Sandrine Fillipetti

Chicago dans le regard de Nelson Algren, Olympe Audouard, Simone de Beauvoir, Willa Cather, Pierre de Coubertin, Edmond de Mandat-Grancey, John Dos Passos, Theodor Dreiser, Jules Janin, Henri Rochefort, Cari Sandburg, Upton Sinclair, Studs Terkel… dont les extraits de romans et de récits sur la ville des vents l’éclaire d’une autre lumière.

2018-06-05T10:43:48+00:00