Guide République dominicaine
Histoire, culture et réalités d’aujourd’hui

Sur la grande île d’Hispaniola, dont elle partage environ les deux tiers du territoire avec Haïti, la République dominicaine est baignée au sud par la mer des Caraïbes et au nord par l’océan Atlantique. Elle est divisée en 31 provinces, auxquelles s’ajoute le District national, réparties sur une superficie de près de 48’700 km², pour une population d’environ 11 millions d’habitants.

Las Galeras en République dominicaine

Récemment ouvert à la démocratie (1961, chute du dictateur Trujillo après 30 ans de règne sans partage) et au tourisme, ce pays a subi de profonds changements en très peu de temps. Le développement touristique s’est d’abord concentré autour de la capitale et de la côte sud, avant de se déplacer massivement vers l’est du pays, notamment dans la région de Punta Cana. Le Nord conserve des zones plus préservées, même si des projets touristiques conséquents ont abouti dans la péninsule de Samaná, notamment à Las Terrenas.

La principale ville et la capitale du pays, c’est Saint-Domingue ou Santo Domingo. Enorme et très contemporaine avec son quartier financier coiffé de gratte-ciels. Le cœur d’une autre Saint-Domingue bat plus fort dans le quartier colonial, au pied de la cathédrale la plus ancienne du Nouveau Monde. De là, les routes s’évadent sur les côtes paradisiaques ou au cœur du pays, plus sauvage et isolé.

Située entre l’équateur et le tropique du Cancer, la République dominicaine s’épanouit sous un climat tropical ; il y fait généralement entre 25 et 32°C en journée, avec des nuits plus douces, même si l’hiver est toujours plus frais. Les variations saisonnières sont modestes et sans commune mesure avec celles de l’Europe. Attention, de juin à novembre, le pays peut être concerné par la saison cyclonique. C’est d’ailleurs dans les cultures amérindiennes de la région que le mot « huracan » (ouragan) trouve ses racines.

Ici, on ne parle pas seulement espagnol mais un espagnol dominicain très marqué. Cela signifie qu’en République dominicaine, certains mots prennent un autre sens ou un usage différent. C’est ainsi le cas de « guapa » ou « guapo », qui peuvent, selon le contexte, exprimer l’agacement ou la colère dans le langage familier. Ou « mañana », demain en espagnol mais souvent compris comme « plus tard », sans échéance précise. Attention aux problèmes de compréhension !

Santo Domingo en République dominicaine

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République dominicaine

Santo Domingo en République dominicaine

Santo Domingo

Capitale historique et vivante, Santo Domingo mêle zone coloniale classée, scènes culturelles actuelles, vie nocturne dense et quotidien dominicain loin des clichés balnéaires.

Punta Cana en République dominicaine

Punta Cana

Destination balnéaire emblématique, Punta Cana aligne plages de sable blanc, grands resorts, parcours de golf spectaculaires et infrastructures touristiques bien rodées.

Las Terrenas en République dominicaine

Las Terrenas

Ancien village de pêcheurs devenu cosmopolite, Las Terrenas combine plages étendues, gastronomie internationale, nature tropicale et ambiance détendue sur la péninsule de Samaná.

Las Galeras en République dominicaine

Las Galeras

Bout-du-monde paisible, Las Galeras séduit par ses plages sauvages, son rythme lent, ses excursions marines et une atmosphère encore très locale.

Bayahibe en République dominicaine

Bayahibe

Petit village tourné vers la mer, Bayahibe est le point de départ privilégié vers les îles, les récifs coralliens et le parc national de l’Est.

Boca Chica en République dominicaine

Boca Chica

Station populaire près de la capitale, Boca Chica offre une plage protégée, une ambiance animée le week-end et un aperçu du tourisme local dominicain.

La Romana en République dominicaine

La Romana

Ville stratégique entre industrie, culture et resorts, La Romana attire pour ses golfs renommés, ses marinas et son accès aux plages de la côte sud-est.

Samana en République dominicaine

Samaná

Région verte et contrastée, Samaná combine cascades, plages isolées, observation des baleines et villages authentiques, loin du tourisme de masse.

Cabarete en République dominicaine

Cabarete

Capitale dominicaine des sports de glisse, Cabarete mêle kitesurf, surf, vie nocturne animée et communauté internationale dynamique face à l’Atlantique.

Puerto Plata en République dominicaine

Puerto Plata

Les visiteurs qui quittent leur hôtel découvrent le centre historique de Puerto Plata, son Malecón animé au crépuscule et le fort San Felipe.

Sosua en République dominicaine

Sosúa

Ancienne ville côtière au passé singulier, Sosúa est connue pour sa baie protégée, ses plages accessibles et ses activités nautiques variées.

Parcs nationaux en République dominicaine

Parcs nationaux en République dominicaine

Forêts, mangroves, montagnes et récifs : les parcs nationaux dominicains protègent une biodiversité remarquable et offrent un autre visage du pays.

Golf en République dominicaine

Jouer au golf en République dominicaine

Entre mer des Caraïbes et Atlantique, la République dominicaine s’impose comme une destination golf majeure, avec des parcours signés et un climat idéal.

Plongée en République dominicaine

Plongée sous-marine en République dominicaine

Épaves, récifs coralliens et eaux chaudes font de la République dominicaine une destination accessible pour la plongée, du débutant au plongeur confirmé.

Se déplacer en République dominicaine

Se déplacer en République dominicaine

Bus, guaguas, taxis, voiture, vols internes : comment se déplacer en République dominicaine selon le temps, le budget et le confort.

République dominicaine

Tourisme et hôtels « tout inclus » en République dominicaine

Progressivement ouverte au tourisme à la chute du dictateur Rafael Leónidas Trujillo Molina, la République dominicaine est aujourd’hui la principale destination touristique des Caraïbes, avant la grande île de Cuba, avec plus de trois millions de visiteurs annuels.

Cinq aéroports internationaux accueillent les touristes du monde entier à Saint-Dominge, Punta Cana, Puerto Plata, la Romana et Samana.

Balayée par les vents, c’est une destination courue des véliplanchistes du monde entier, mais elle a aussi su se spécialiser dans un nouveau concept de vacances qui comprend tout (« todo incluído ») ; du vol à l’hôtel, en passant par les loisirs, les excursions, les repas, les boissons, alcoolisées ou pas et parfois même… les cigarettes. Ces forfaits  » all inclusive  » ou  » tout compris  » se vendent à prix très réduits, à partir de 600€ au départ de Paris pour une semaine sous le soleil des Caraïbes, sans ne plus devoir sortir son porte-monnaie.

Attention toutefois. Certains touristes se laissent aller au confort et au farniente et en oublient jusqu’à sortir de leur complexe. Des piscines, il y a en partout. La mer, les gens, les odeurs, l’animation, le désordre, les sourires, ils ne sont qu’ici mais pour les voir vraiment, sans faux-semblant, il faut impérativement  » prendre le risque  » de sortir de l’hôtel. Osez…

La rumeur survit à la réalité et les quelques cas de touristes agressés en République dominicaine se sont répandus en Europe. Cependant, la criminalité y reste bien inférieure que dans nos grandes villes occidentales.

Brugal, le rhum de République dominicaine

Rhum et spécialités locales

Impossible d’évoquer la République dominicaine sans parler de sa boisson pour ainsi dire nationale, le rhum bien sûr,  » ron  » ici. Si trois grandes marques se partagent le marché (Brugal, Barcelo et Bermudez), c’est incontestablement le Ron Brugal le plus populaire.

Abordable dans les commerces, les dominicains en sont les premiers fans et arrosent ainsi abondamment leur dimanche soir – notamment-, c’est presque une tradition (attention sur les routes ce jour-là). Dans les bars, on emprunte les cocktails cubains et on agrémente le rhum d’une larme de coca-cola (Cuba libre) ou de limonade citron (Santos libre).

Le plat traditionnel dominicain est le  » Chivo Guisado « , un ragoût de viande de chèvre longuement mariné dans une mixture d’ail, de poivrons, d’oignons, d’origan et de rhum. Sur les routes, les  » Pica pollos  » proposent des morceaux de poulet très grillés à déguster comme un snack avec les frites locales, les  » tostones  » coupés dans de la banane plantain.

Les spécialités sont apprêtées dans les  » Frituras « , très simples et sans place assise ou dans les  » Comedores « , plus confortables, tenus généralement par les membres d’une même famille. Le  » servicio  » comprend une entrée et un plat composé de poisson, de poulet ou de bœuf, accompagné de riz et de haricots.

La gastronomie dominicaine s’appuie aussi sur la richesse de sa végétation. Ananas, bananes, noix de coco, mangues, pamplemousses s’épanouissent ici, mais aussi de vastes cultures de canne à sucre bien sûr, indispensable à la confection du rhum, que la République dominicaine exporte en grandes quantités.

Santo Domingo en République dominicaine

Gastronomie de République dominicaine : un voyage dans l’assiette

On connaît la République dominicaine pour ses plages, son merengue et ses palmiers. On la connaît moins pour ce qu’elle raconte à table. Pourtant, la gastronomie dominicaine est un récit à part entière : celui d’une île façonnée par les métissages, la débrouille, la convivialité et le temps long. Une cuisine populaire, nourrissante, parfois rustique, toujours sincère.

Ici, manger n’est pas un art de vivre sophistiqué, mais un acte social. On cuisine pour tenir la journée, pour rassembler, pour transmettre. Et derrière des plats qui semblent simples se cache une identité culinaire bien plus riche qu’on ne l’imagine.

Quelle est la gastronomie typique de la République dominicaine ?

La cuisine dominicaine repose sur un socle clair : riz, haricots, viandes, tubercules, bananes plantain. Des ingrédients hérités à la fois des Taïnos, premiers habitants de l’île, des colons espagnols et des populations africaines déportées durant la période coloniale.

Contrairement à d’autres cuisines caribéennes, elle n’est pas particulièrement épicée. Ici, on privilégie la rondeur, la cuisson lente, les assaisonnements maîtrisés. L’ail, l’origan, la coriandre, le vinaigre ou l’agrume suffisent à donner du caractère. Le piment existe, mais reste discret, souvent servi à part.

C’est une cuisine de fond, pensée pour nourrir, pas pour impressionner. Et c’est précisément ce qui fait sa force.

Le « La Bandera », plat national dominicain

Impossible de parler de gastronomie dominicaine sans évoquer La Bandera, littéralement « le drapeau ». Un nom symbolique pour un plat du quotidien, mangé partout, tous les jours, ou presque.

Dans l’assiette, trois éléments essentiels : du riz blanc, des haricots rouges mijotés et une viande — le plus souvent du poulet ou du bœuf. On y ajoute généralement une salade fraîche ou des bananes plantain frites. Rien de spectaculaire en apparence, mais un équilibre parfaitement maîtrisé entre protéines, féculents et sauce.

La Bandera n’est pas un plat de restaurant chic. C’est celui qu’on mange à midi, chez soi ou dans une cantine de quartier. Un plat qui dit l’essentiel : ici, la cuisine est un pilier du quotidien.

Mangú : le petit-déjeuner emblématique dominicain

Pour comprendre le rapport qu’entretiennent les Dominicains avec leur cuisine, il faut se lever tôt et partager un petit-déjeuner. Le mangú en est la pièce centrale.

Préparé à base de bananes plantain vertes bouillies puis écrasées, le mangú est servi chaud, arrosé d’oignons rouges revenus au vinaigre. Il s’accompagne presque toujours de fromage frit, d’œufs et de salami dominicain. Ce trio est si populaire qu’on l’appelle simplement « los tres golpes ».

Riche, salé, consistant, le mangú est tout sauf léger. Mais il reflète une logique simple : commencer la journée avec un plat qui tient au corps.

Sancocho : le ragoût des grandes occasions

S’il existe un plat qui rassemble, c’est bien le sancocho. Ce ragoût épais, parfois comparé à une soupe, est réservé aux grandes occasions : fêtes de famille, dimanches, célébrations.

Le sancocho dominicain se décline en plusieurs versions, la plus emblématique étant le sancocho de siete carnes, préparé avec jusqu’à sept types de viandes. On y trouve aussi des tubercules locaux comme le yuca, le malanga ou l’igname, ainsi que du maïs et de la coriandre.

Ce plat ne se commande pas à la légère. Il se prépare longtemps, souvent à plusieurs, et se partage. Plus qu’une recette, c’est un rituel.

Poissons et fruits de mer en République dominicaine

Avec plus de 1 500 kilomètres de côtes, la République dominicaine entretient un rapport évident à la mer. Pourtant, sa cuisine maritime reste simple et locale.

Le poisson est souvent frit ou cuit en sauce, accompagné de riz et de tostones. Le pescado con coco, préparé avec du lait de coco, est particulièrement présent dans les régions côtières et reflète l’influence afro-caribéenne.

Langoustes, crevettes et lambis sont consommés, mais restent des produits occasionnels, souvent liés à la pêche locale plutôt qu’à une gastronomie touristique standardisée.

Street food dominicaine : manger sur le pouce

La rue est un excellent observatoire de la gastronomie dominicaine. On y trouve une cuisine directe, sans détour.

Les empanadas frites, appelées ici « pastelitos », se mangent à toute heure. Garnies de viande, de fromage ou de légumes, elles sont bon marché et omniprésentes. Les brochettes de viande grillée, les bananes plantain frites et les sandwiches généreux complètent ce paysage culinaire urbain.

Desserts et douceurs traditionnelles dominicaines

Côté sucré, la gastronomie dominicaine privilégie le lait, la noix de coco et la canne à sucre. Les desserts sont souvent denses, très sucrés, et peu nombreux.

Le dulce de leche cortada, préparé à base de lait caillé et de sucre, fait partie des recettes traditionnelles. Le bizcocho dominicano, gâteau de fête riche et moelleux, est incontournable lors des anniversaires et mariages.

Puerto Plata en République dominicaine

La musique dominicaine

Impossible de comprendre la République dominicaine sans écouter ce qui s’y joue. La musique n’y est pas un décor folklorique destiné aux touristes, mais un langage quotidien, un marqueur social, un héritage vivant. Elle accompagne les fêtes comme les deuils, les rassemblements populaires comme les soirées de quartier, et raconte, à sa manière, l’histoire d’une île traversée par les influences africaines, européennes et caribéennes.

Quelles sont les origines de la musique dominicaine ?

La musique dominicaine est le produit d’un métissage profond. Dès la période coloniale, les traditions espagnoles se mêlent aux rythmes africains apportés par les populations réduites en esclavage. À cela s’ajoutent des influences caribéennes plus larges, venues d’Haïti, de Cuba ou de Porto Rico, au gré des échanges et des migrations.

Ce mélange donne naissance à des formes musicales où la percussion joue un rôle central, mais où la guitare, héritée de l’Espagne, occupe également une place clé. Très tôt, la musique devient un espace d’expression populaire, souvent éloigné des institutions officielles, mais profondément ancré dans la vie sociale.

Le merengue, musique nationale de la République dominicaine

Le merengue est sans doute le genre le plus immédiatement associé au pays. Reconnu comme musique nationale, il s’est imposé au fil du XXᵉ siècle comme un symbole identitaire fort. À l’origine rural et parfois marginalisé, il a été récupéré, codifié puis largement diffusé, notamment sous la dictature de Rafael Trujillo, qui en a fait un outil de cohésion nationale.

Musicalement, le merengue repose sur une structure simple mais énergique : l’accordéon, la güira et la tambora forment un trio rythmique reconnaissable entre tous. La danse qui l’accompagne, fondée sur un mouvement rapide des hanches et un pas glissé, traduit cette même vitalité. Aujourd’hui encore, le merengue reste omniprésent, des grandes fêtes populaires aux cérémonies familiales.

La bachata, d’une musique marginale à un phénomène mondial

Longtemps méprisée, la bachata raconte une autre facette de l’histoire dominicaine. Née dans les quartiers populaires de Saint-Domingue, elle a d’abord été associée à la pauvreté, aux bars de fortune et aux histoires d’amours contrariées. Ses textes parlent de solitude, de désir, de séparation, avec une sincérité parfois brute.

Portée par la guitare et un tempo plus lent que le merengue, la bachata a progressivement quitté les marges pour conquérir les ondes, puis les scènes internationales. Des artistes contemporains ont modernisé le genre sans en effacer la mélancolie fondatrice. Aujourd’hui, elle est à la fois un produit culturel global et une mémoire sensible de la société dominicaine.

Quels autres styles musicaux écouter en République dominicaine ?

Réduire la musique dominicaine au seul duo merengue–bachata serait passer à côté de sa richesse contemporaine. L’île vit au rythme d’une circulation permanente des sons caribéens et urbains, où les frontières stylistiques sont poreuses et en constante redéfinition.

La salsa, héritée des échanges avec Cuba et Porto Rico, fait partie du paysage sonore depuis des décennies. Elle s’écoute autant dans les clubs que lors des grandes réunions familiales, souvent associée à une pratique sociale plus qu’à une simple performance musicale. À ses côtés, des formes plus anciennes comme le son ou certaines musiques folkloriques continuent d’exister, parfois discrètement, parfois remises en avant lors d’événements culturels ou de fêtes traditionnelles.

Depuis les années 2000, les musiques urbaines ont profondément transformé la scène dominicaine. Le dembow, rapide, répétitif et frontal, s’est imposé comme la bande-son des quartiers populaires et des plateformes numériques. Il reflète une jeunesse connectée, pour qui la musique est à la fois un espace d’expression, de provocation et de reconnaissance sociale.

Dans ce paysage, le reggaeton occupe une place particulière. Importé à l’origine de Porto Rico et du Panama, il a été largement adopté, réinterprété et intégré aux codes locaux. En République dominicaine, le reggaeton cohabite avec le dembow, s’en inspire parfois, s’en distingue souvent par une production plus internationale et des collaborations transnationales. Il est omniprésent dans les clubs, les radios et les playlists de voyage, au point de devenir une passerelle sonore entre la scène locale et le marché musical mondial.

République dominicaine

La mer des Caraïbes

Au creux des vagues de l’Océan Atlantique, la Mer des Caraïbes s’épanouit dans un bassin de 2’600’000km2 longeant l’Amérique centrale et frôlant l’océan Pacifique par le Canal de Panama.

La Mer des Caraïbes (terme défini à Carthagène en 1983 par la « Convention pour la Protection et le Développement de l’Environnement marin de la région de la Grande Caraïbe ») borde quelques-uns des plus beaux pays du monde.

Les grandes Antilles au Nord (Cuba, la Jamaïque, Porto Rico et l’île d’Hispaniola regroupant la République dominicaine et Haïti), les petites Antilles à l’est (Guadeloupe, la Martinique, Grenade), le Panama, la Colombie et le Venezuela au sud, le Costa Rica, le Nicaragua, le Honduras et le Mexique à l’ouest.

Avec la croissance exponentielle du tourisme, la Mer des Caraïbes représente aujourd’hui l’une des principales voies navigables de la planète ; 63’000 bateaux transitent annuellement par ses eaux, dont près de 2000 bateaux de pêche.

Ce trafic n’est pas sans conséquence, il génère près de 100’000 tonnes de déchets chaque année. Ainsi, en 2001, la « Déclaration de Margarita » adoptée au Venezuela reconnaît la mer des Caraïbes comme patrimoine commun de la région et comme un actif inestimable. Les pays membres de l’AEC (Association des Etats de la Caraïbe) s’engagent notamment à y promouvoir le tourisme durable.

Maison typique en République dominicaine

Histoire de la colonisation, l’île Hispaniola

C’est Christophe Colomb qui nomma ainsi cette île lorsqu’il y posa pour la première fois le pied le 6 décembre 1492 ; Hispaniola,  » la petite Espagne  » était peuplée par les indiens Tainos qui accueillirent d’abord pacifiquement les navires européens, aidant même les explorateurs à construire le fort de la Nativité à Saint-Domingue.

Le 25 décembre 1492, l’une des trois caravelles de l’expédition espagnole sombra au large des côtes de l’actuelle Haïti, entre la frontière dominicaine et le cap haïtien. La  » Santa Maria  » constituait le joyau de la flotte de Colomb, longue de 26 mètres et lourde de plus de cent tonnes. L’équipage ne parvint qu’à sauver sa cargaison d’or et d’argent avant que la caravelle ne disparaisse. Elle gît toujours sous la mer des Caraïbes, récemment découverte par des plongeurs ; son ancre est aujourd’hui exposée au Phare de Colomb, à la capitale Santo Domingo.

Christophe Colomb eut un véritable coup de cœur pour les lagons et la végétation de cette île sauvage et accueillante. Il écrivit à Luis de Santangel : « C’est une terre à désirer et, une fois vue, à ne jamais quitter. »

Il la quitta rapidement pourtant tandis qu’une petite colonie d’une trentaine hommes resta sur place, aussitôt rejointe par des milliers d’autres colons. Bartolomeo Colomb, le frère cadet de Christophe Colomb, fut nommé gouverneur et fonda la petite ville de « Nueva Isabela » qui ne regroupait alors qu’une poignée de maisons en bois. Aussitôt dévastée par un cyclone, elle fut reconstruite un peu plus loin sur la rive ouest sous le nom de  » Santo Domingo « , qui devint la capitale des Indes occidentales. C’est ici que furent construits tous les premiers édifices de ce Nouveau Monde ; le premier hôpital, la première cathédrale et même la première université des Amériques.

Rapidement, les intentions des colons changèrent à l’égard des Tainos indigènes, réduits au rang d’esclaves. De meurtriers conflits s’ensuivirent qui causèrent l’extermination totale de cette civilisation, la plus ancienne des Caraïbes.

En 1665, les Français qui convoitaient depuis un moment le territoire, s’installèrent officiellement dans la partie occidentale de l’île et la baptisèrent « Saint Domingue ». Le traité de Ryswick signé en 1697 coupa définitivement l’île en deux : espagnole à l’est, française à l’ouest.

En 1804, l’indépendance de la partie occidentale de l’île fut proclamée, elle prit le nom d’Haïti et devint la première république noire du monde. L’indépendance de la République dominicaine, elle, fut déclarée en 1844.

Aujourd’hui, avec une population de plus de 23 millions d’habitants, l’île d’Hispaniola est la plus peuplée des Antilles.

Puerto Plata en République dominicaine

Les Indiens Tainos

Les Indiens Tainos constituaient la plus ancienne civilisation des Caraïbes et aujourd’hui, la majorité des historiens s’accorde à dire que les premiers hommes blancs débarqués sur l’île d’Hispaniola – les Tainos l’appelaient  » Quisqueya  » – sont les responsables de leur extermination totale.

En 1508, 60’000 Tainos peuplaient l’île, il n’en restait plus que 600 une vingtaine d’année plus tard, avant que tous ne s’éteignent, jusqu’au dernier, victimes des conquêtes européennes meurtrières et des virus introduits par les hommes blancs.

Si on ne connaît pas précisément l’origine de ce peuple, certains spécialistes l’apparentent aux Mayas du Yucatán, au Guatemala, certains mythes et traditions présentant des similitudes. En revanche, on connaît un peu mieux le mode de fonctionnement social d’une tribu, qui s’articulait autour de quatre groupes de personnes distincts. Le  » Guare  » ou  » Cacique  » était le chef suprême. Sous ses ordres, les  » Bohiques  » assuraient le maintien des croyances religieuses. La classe des  » Nitainos  » désignait les nobles alors que les  » Naborias  » étaient les petites gens, de simples villageois qui travaillaient la terre.

Le vocabulaire français a emprunté de nombreux mots au vocabulaire taino. Ainsi, savez-vous que le mot « barbecue » vient du taino « barbicu » ? Le « tabac » de « Tabacu »,  » Caraïbes  » de « Caribe ». Et c’est vrai aussi pour les mots ananas (Anana), caïman (caiman), canoë (canoa), colibri (colibri), hamac (hamaca), iguane (iguana), ouragan (huracan), patate (batata), pirogue (piragua), savane (sabana) et bien d’autres encore…

Santo Domingo en République dominicaine

Rafael Leónidas Trujillo Molina

Ce tyran sanguinaire accéda au pouvoir en 1930 avec l’appui des Etats-Unis, à la suite du renversement du président Horacio Vásquez. Il régna sans partage sur la République dominicaine jusqu’en 1961.

Natif de San Cristóbal (1891), il rejoignit les Etats-Unis durant l’occupation américaine de la République dominicaine (1916 – 1924) où il suivit un intensif entraînement au sein de la Garde nationale. Une fois de retour au pays, proclamé président à la suite d’un coup d’état, il régna d’une main de fer sur le pays, construisant des monuments démesurés, vivant dans une richesse honteuse alors que son peuple n’avait pas de quoi se nourrir.

Ce sont ses propres hommes qui mirent fin au régime du tyran le 30 mai 1961. Trujillo perdit dans la vie dans un attentat contre la voiture qui le transportait. Si son fils Radamès Trujillo, expatrié en Espagne, soutient encore que son père est enterré à Paris, au cimetière Père Lachaise, il est plus probable qu’il ne reste pas grand-chose de la dépouille du dictateur, démembré et jeté à la mer. Sa tête aurait été brandie au bout d’une perche dans tous les quartiers de la capitale Saint-Domingue.

Juan Bosh, à la tête du Parti révolutionnaire dominicain, fut le premier président désigné par des élections libres en République dominicaine, depuis près de quarante ans.

Deux films traitent de la vie de Trujillo. Il s’agit de « In the Time of the Butterflies » produit en 2001 et « La fiesta del chivo », sorti en 2006 et inspiré du roman de l’écrivain péruvien Mario Vargas Llosa. Il évoque les derniers jours du dictateur.

Santo Domingo en République dominicaine

Les médias en République dominicaine

En République dominicaine, les médias ne sont pas un simple décor de fond. Ils font partie du quotidien, rythment les journées et structurent les débats publics. Pour le voyageur, les connaître permet non seulement de s’informer, mais aussi de mieux comprendre l’atmosphère sociale et politique du pays.

Les radios dominicaines les plus écoutées

La radio est le média le plus accessible et le plus omniprésent en République dominicaine. Elle accompagne les trajets, les commerces, les plages urbaines et les zones rurales. Certaines stations sont devenues de véritables institutions.

Parmi les acteurs majeurs, Z101 FM occupe une place centrale. Très écoutée, elle est connue pour ses émissions d’actualité et de débats politiques, au ton direct et souvent sans détour. C’est l’une des stations les plus influentes du pays pour comprendre les enjeux nationaux.

CDN Radio (Cadena de Noticias) est un autre pilier de l’information radiophonique. Étroitement liée à la chaîne de télévision du même groupe, elle propose une couverture continue de l’actualité, avec une approche plus structurée et journalistique.

Rumba FM et La Nota Diferente combinent musique et information, avec une tonalité plus légère, mais restent très populaires, notamment dans les grandes villes. Elles permettent de capter l’ambiance dominicaine tout en suivant les grandes lignes de l’actualité.

Les journaux dominicains de référence

La presse écrite conserve une influence notable, même si la lecture se fait aujourd’hui majoritairement en ligne. Quelques titres dominent clairement le paysage médiatique.

Listín Diario est le plus ancien et l’un des plus respectés des quotidiens dominicains. Il fait figure de journal de référence, avec une couverture large de la politique, de l’économie, de la société et de l’actualité internationale. Son site web est très consulté.

Diario Libre s’est imposé comme un média moderne, très présent en ligne, avec un ton plus direct et une mise en forme accessible. Il est particulièrement suivi par les jeunes actifs urbains et la diaspora dominicaine.

El Caribe, historiquement lié au groupe Multimedios del Caribe, reste influent, notamment pour l’actualité politique et économique. Son approche est plus classique, mais il conserve une audience fidèle.

Hoy complète ce paysage avec une ligne éditoriale plus institutionnelle, souvent consultée pour ses analyses et ses tribunes.

La télévision dominicaine

La télévision reste extrêmement regardée en République dominicaine. Elle joue un rôle clé dans la diffusion de l’information et dans la formation de l’opinion publique.

CDN (Canal 37) est la principale chaîne d’information en continu. Elle couvre l’actualité nationale et internationale, avec des journaux télévisés fréquents, des reportages et des émissions de débat. C’est une bonne porte d’entrée pour suivre l’actualité en temps réel.

Telesistema (Canal 11) et Color Visión (Canal 9) sont des chaînes généralistes très populaires. Elles diffusent à la fois des journaux télévisés, des émissions d’opinion, du divertissement et des programmes culturels. Leurs journaux du soir sont largement suivis.

Teleantillas (Canal 2) propose une programmation plus orientée vers le divertissement, mais ses émissions d’actualité et de débats ont aussi un impact notable.

Les médias en ligne et plateformes numériques dominicaines

Le web a profondément transformé le paysage médiatique dominicain. De nombreux médias traditionnels ont développé des plateformes numériques puissantes, tandis que de nouveaux acteurs sont apparus.

Les sites de Diario Libre, Listín Diario et CDN figurent parmi les plus consultés du pays. Ils proposent de l’information en continu, des vidéos, des podcasts et une forte présence sur les réseaux sociaux.

Des médias nativement numériques comme Acento se sont imposés avec une ligne éditoriale plus analytique, parfois plus critique, et un public fidèle intéressé par les questions politiques et sociales.

YouTube et les réseaux sociaux jouent également un rôle central. De nombreuses émissions télévisées et radiophoniques y sont rediffusées, et certains journalistes ou animateurs y développent leurs propres canaux, parfois très suivis.

YouTube et les réseaux sociaux jouent également un rôle central. De nombreuses émissions télévisées et radiophoniques y sont rediffusées, et certains journalistes ou animateurs y développent leurs propres canaux, parfois très suivis.